Baudouin roi des belges

3. févr., 2017

 

 

Baudouin (Boudewijn en néerlandais, Baldwin en anglais), Albert, Charles, Léopold, Axel, Marie, Gustave (Château du Stuyvenberg, le 7 septembre 1930 - Motril, Espagne, 31 juillet 1993), cinquième roi des Belges, du 17 juillet 1951 au 31 juillet 1993. Second enfant et premier fils de Léopold III et de la reine Astrid. Titré comte de Hainaut alors que son père était encore duc de Brabant. Il est le frère du roi Albert II (né en 1934) et de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte de Luxembourg (1927-2005).


Son enfance est marquée par la mort accidentelle de sa mère, alors qu'il n'a que 5 ans, puis par la Seconde Guerre mondiale, vécue en France, en Espagne, puis entre Bruxelles et Ciergnon, dans les Ardennes. Juste après le Débarquement, la famille royale est internée en Allemagne, puis en Autriche, où elle fut libérée le 7 juin 1945 par les troupes américaines. Commence alors la « question royale » qui oblige la famille royale à s'exiler en Suisse jusqu'en juillet 1950.

Si la consultation populaire de mars 1950 montre une volonté des Belges de voir revenir le roi Léopold III, les résultats sont fort différents au Nord et au Sud du pays. Devant la violence opposant « léopoldistes » et « anti-léopoldistes », le roi se retire et fait nommer Baudouin, Prince royal, le 11 août 1950. À l'abdication de son père le 16 juillet 1951, Baudouin devient le cinquième roi des Belges, le 17 juillet 1951, à presque 21 ans.

C'est seul et triste que le roi Baudouin commence son règne. En Belgique, ces années sont marquées par la question scolaire qui opposent les partisans de l'école libre et ceux de l'enseignement officiel. Sur le plan international, c'est la création de la CECA (en 1951) et de la Communauté économique européenne (en 1957), de l'Exposition universelle de Bruxelles (en 1958) et, surtout de l'indépendance du Congo belge, le 30 juin 1960).

En effet, 4 ans après son voyage triomphal au Congo, le Roi Baudouin annonce, en 1959, l'intention du Gouvernement d'accorder l'indépendance au Congo. Le 30 juin 1960, le Roi assiste à la transmission des pouvoirs à Léopoldville.

Si la Belgique est une monarchie parlementaire où le roi ne peut exprimer publiquement d'opinion qu'avec l'accord du gouvernement, Baudouin Ier a eu une influence certaine sur les gouvernements qui se sont succédé pendant ses 42 années de règne.

C'est sous son règne que, de réforme de l'État en réforme de l'État, la Belgique devint un État fédéral. Si Baudouin a toujours défendu l'unité de la Belgique, il ne put empêcher les querelles linguistiques et la création d'une frontière linguistique, de 3 régions et de 3 communautés.

Mais il n'est pas toujours facile de concilier sa conscience personnelle et son devoir royal. Ainsi, en 1990, il refuse de sanctionner une loi proposant la dépénalisation conditionnelle de l'avortement. Sur demande du roi et sur la base de l'article 82 de la Constitution, le Conseil des ministres constate alors que le roi est « dans l'impossibilité de régner » ce qui permet de sanctionner la loi le 3 avril 1990, avant de rétablir le roi dans ses fonctions le 5 avril. Beaucoup de Belges ont considéré cette astuce comme non-légale puisque la Constitution n'envisage que les cas de maladie ou d'éloignement physique du roi.

Le 15 décembre 1960, il épouse doña Fabiola de Mora y Aragón (qui devient ainsi la reine Fabiola). Le mariage est célébré à la cathédrale Saint-Michel-et-Gudule à Bruxelles et est retransmis à la télévision, une première pour un mariage royal en Belgique. De cette union, aucun héritier ne naîtra. Son neveu, le prince Philippe est pressenti pour lui succéder et est formé en ce sens, laissant croire que le prince Albert ne monterait jamais sur le trône.

En 1976, lors des célébrations des 25 ans de son règne, la Fondation Roi Baudouin est créée à l'aide des fonds récoltés. Elle a pour objet d'améliorer les conditions de vie de la population sur les plans économique, social, culturel et scientifique.

Le 31 juillet 1993, le roi meurt d'un arrêt cardiaque lors de vacances à Motril, en Espagne. C'est son frère Albert II qui lui succède sur le trône de Belgique le 9 août 1993. De nombreux Belges lui rendront hommage. Ses funérailles rassemblent un grand nombre de chefs d'État du monde entier : de la reine Élisabeth II du Royaume-Uni à l'empereur Akihito du Japon, en passant par le président français François Mitterrand. La reine Fabiola, très pieuse, souhaitant une messe de gloire et d'espérance, était habillée de blanc, couleur traditionnelle de deuil des souverains catholiques.